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Anti communisme et révisionisme à l'Université |
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Au nom du droit des chercheurs, des étudiants, des professeurs et de tous les citoyens à la vérité historique, à la libre recherche, à l'esprit critique et à la liberté d'expression, nous soutenons l'historienne Annie Lacroix-Riz contre la tentative fascisante d'une association réactionnaire qui voudrait imposer sa pensée historique unique sur fond de chasse aux sorcières ! Les signataires de la présente pétition se déclarent solidaires de Mme Annie Lacroix-Riz, professeur d'histoire contemporaine à Paris VII, agrégée d'histoire, docteur ès lettres et auteur de nombreux livres mondialement connus, qui, à la suite d'un courrier insultant et bassement polémique d'un groupe intitulé Ukraine 33, vient d'être « convoquée » par son président d'Université « pour fournir des explica-tions ». Mme Lacroix-Riz, dont le monde savant apprécie les travaux d'une grande rigueur scientifique, est agressivement accusée d'avoir réfuté, éléments d'archives à l'appui, la thèse selon laquelle le pouvoir soviétique aurait sciemment organisé en 1933 une « famine génocidaire » contre les paysans ukrainiens. A partir de données historiques précises, soumises au jugement de ses lecteurs, Mme Lacroix-Riz affirme qu'il s'agit là essentiellement d'une thèse fabriquée, notamment dans les milieux d'extrême droite de l'époque, pour les besoins de la polémique antisoviétique. Tout citoyen est naturellement libre de porter sur l'URSS et sur le communisme l'appréciation de son choix, comme tout historien peut naturellement tenter de réfuter, documents à l'appui, la thèse et les arguments avancés par Mme Lacroix-Riz : cela s'appelle la liberté de recherche, qui est au fondement de toute science, et pas seulement de l'histoire. Or le propos de M. Muzyn, de l'association Ukraine 33, est tout autre : non seulement son courrier est rempli d'insultes et d'attaques personnelles (Mme Lacroix-Riz réfléchit aux suites judiciaires qu'elle pourrait éventuellement lui donner), mais il formule de manière comminatoire deux exigences d'une gravité exceptionnelles pour la liberté d'expression, l'indépendance de l'Université et la déontologie de la recherche historique. Ce personnage somme en effet de manière à peine voilée le président de l'Université Denis Diderot de prendre des sanctions administratives contre Mme Lacroix-Riz, menaçant même ce président de l'englober dans l'opprobre avec son établissement, s'il ne s'exécute pas rapidement et publiquement. Parlant ensuite de « négationnisme stalinien » à propos de Mme Lacroix-Riz et usant d'un parallèle honteux et dangereux entre l'URSS et le régime nazi (ce qui revient, quoi qu'on pense du régime soviétique, à mettre sur le même plan le pays de Stalingrad et le Troisième Reich, en criminalisant le premier tout en banalisant le second), M. Muzyn invite directement les autorités universitaires à légaliser une histoire officielle de l'URSS fondée sur sa criminalisation a priori de ce pays, en prétendant censurer de fait toute historiographie qui n'irait pas dans son sens. Cette prétention inouïe est formulée dans un contexte politique et idéologique parfaitement inquiétant : déjà une « loi » votée à la sauvette par l'actuelle majorité parlementaire prétend prescrire aux enseignants français une lecture « positive » de l'histoire coloniale de la France ! Déjà, une tentative a été faite par certains eurodéputés des Républiques baltes et d'autres pays de l'Est pour interdire l'emblème ouvrier et paysan de la faucille et du marteau sur tout le territoire de l'UE, à l'égal de la croix gammée. Déjà, Stéphane Courtois exige à cor et à cri que le communisme soit criminalisé dans toute l'Europe à l'égal du régime nazi, en négligeant le fait patent que l'URSS a joué un rôle majeur dans la défaite du nazisme et la libération de l'Europe et de notre pays au prix de souffrances exceptionnelles. La question est alors posée : va-t-on aller vers la légalisation d'une « histoire » officielle de l'URSS et du communisme, qui échapperait à jamais au débat contradictoire, à l'épreuve de la critique et de la recherche d'archives, une « histoire » proprement totalitaire criminalisant l'opinion non conforme et la recherche originale ? Des groupes de pression réactionnaires s'abritant derrière une conception partiale et passionnelle de la « mémoire » vont-ils désormais soumettre les enseignants, les chercheurs et l'Université à leurs pressions et à leurs diktats ? Vont-t-il par l'intimidation menacer l'emploi et briser la carrière d'universitaires irréprochables en violation du statut de la fonction publique qui garantit l'indépendance des fonctionnaires et qui les place sous la protection de la puissance publique et de leur hiérarchie, dans l'intérêt de la laïcité républicaine ? En cette affaire, l'histoire scientifique n'est-elle pas prise en otage pour conforter une opération de chasse aux sorcières qui risque fort de saper de proche en proche les fondements même du pluralisme démocratique ? On sait à quelle déstabilisation générale de la démocratie ont abouti, sous couvert d'anti-communisme et d'antisoviétisme fanatiques, les campagnes analogues menées naguère aux Etats-Unis par le sinistre Mac Carthy ! Va-t-on offrir en victime expiatoire de cette opération anti- communiste et antidémocratique une enseignante appréciée de ses étudiants et de ses pairs ? Le parallèle tenté par M. Muzyn entre A. Lacroix-Riz et le fascisant B. Gollnisch est à la fois ridicule et odieux : petite-fille de déporté assassiné à Auschwitz, Mme Lacroix-Riz est engagée depuis sa jeunesse dans l'action internationaliste, antiraciste et antifasciste. Il est en outre aberrant d'amalgamer le négationnisme historique, qui consiste, sur des bases antiscientifiques et à des fins fascistes et antisémites, à nier le génocide et les autres crimes contre l'humanité commis par les nazis, à la démarche scientifique constante de Mme Lacroix-Riz, connue pour ses exigences rigoureuses en matière de documentation et de méthodologie critique : il faut au contraire savoir gré à Mme Lacroix-Riz d'avoir mis en garde ses collègues et le grand public contre les manipulations idéologiques de l'histoire dans son livre « L'histoire contemporaine sous influence » (Temps des cerises). Veut-on punir en réalité le courage d'une chercheuse qui, au risque de heurter les préjugés dominants, se propose de dénoncer ce qui, selon elle, relève de la volonté, non de comprendre l'histoire réelle, mais de diaboliser sans nuance l'URSS et à criminaliser globalement « le communisme » pour d'inavouables motifs politiques et sociaux ? A amalgamer systématiquement le communisme à son pire ennemi, le nazisme, n'est-il pas clair que l'on contribue à réhabiliter le second en le banalisant ? Qu'il en soit conscient ou pas, le propos de M. Muzyn fait indirectement le jeu de l'extrême droite. Il affaiblit la juste vigilance contre le négationnisme fasciste et antisémite et il débouche sur une chasse aux sorcières extrêmement dangereuse pour la science et pour la démocratie. Or, non seulement le président de Paris VII ne s'insurge pas contre le courrier insultant et liberticide de M. Muzyn, non seulement il ne prend pas pour l'instant la défense de Mme Lacroix-Riz, mais il la « convoque » pour « obtenir des explications », sans même avoir cherché à s'informer auprès d'elle de la réalité des faits. Dans ces conditions les signataires de cette lettre pressent les intellectuels attachés à la liberté de recherche, les démocrates soucieux de laïcité et de liberté d'expression, les syndicalistes attentifs à la défense du statut de la fonction publique et au respect des titres et compé-tences universitaires, à se mobiliser pour exiger, non seulement que Mme Lacroix-Riz cesse d'être inquiétée et menacée, mais que le président de Paris VII rejette formellement la lettre odieuse de M. Muzyn en soutenant, comme c'est son devoir, Mme Lacroix-Riz dans toute action qu'elle serait amenée à intenter pour défendre son honneur et celui de l'Université Denis Diderot, adversaire bien connu de la censure obscurantiste et défenseur éminent des Lumières, de la libre recherche et de la liberté d'expression. NOM ................... PRENOM..................TITRES (militants, résistance, université) ......................................................... ................... adresse internet ou téléphone ...................................
vous pouvez écrire à : annie.lacroix-riz@wanadoo.fr |